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Rwanda : un verre de lait pour tous !

Rwanda : un verre de lait pour tous !

La mise en place de systèmes intégrés combinant l’élevage, le jardinage et la production de fourrage a permis à plus de 2700 paysans rwandais d’augmenter les rendements agricoles tout en restaurant les écosystèmes.

Par Ophélie Colas des Francs

Une femme sert du lait dans dans un ‘milk bar’ à Rwamagana. © eadairy

 

L’année 1994 est restée comme l’une des plus sombres des pages de l’histoire africaine. En cette fin de 20e siècle, le Rwanda plonge dans une guerre civile dont les plaies ne sont toujours pas pansées. Le génocide a déplacé des millions de personnes. Aujourd’hui 14% de la population est sans terre et 54% des ménages ruraux dirigés par des femmes. L’élevage a également subi de plein fouet le conflit: d’après le programme alimentaire mondial, entre 1990 et 2001, les cheptels de bovins ont diminué de 11%, les chèvres de 37% et les moutons de 66%. Résultat, les familles ont manqué de protéines et les sols de fumier. Baisse de la productivité des terres, érosion des sols, pertes en nutriments, de nombreux paysans ne peuvent pas produire suffisamment de nourriture pour répondre aux besoins élémentaires de leur famille.

Fixer lazote

Pour restaurer les sols, des systèmes intégrés combinant l’élevage, le jardinage et la production de fourrage ont été mis en œuvre grâce à différents programmes d’ONG et d’organismes gouvernementaux. Les espèces fourragères telles que le Mucuna, et le pois d’Angole ont été privilégiées pour fixer l’azote atmosphérique dans le sol et pour fournir des nutriments riches en protéine pour le bétail. "Lorsquelles sont utilisées en paillage pour recouvrir le sol, les branches du fourrage en décomposition améliorent la fertilité des sols. En plus de fournir les éléments nutritifs indispensables, le paillage représente aussi une source importante de matière organique pour le sol, capitale pour la fertilité à long terme" , précise l’Oakland Institute dans son rapport.

Cajanus Cajan (Pois d'angole ) By Tauʻolunga (Own work) [GFDL, CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/) or CC BY-SA 2.5-2.0-1.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.5-2.0-1.0)], via Wikimedia Commons

Le Fonds International de Développement Agricole (IFAD) et le Département Britannique pour le Développement International ont lancé un programme intitulé Projet d’Appui à la Transformation Stratégique de l’Agriculture. Doté d'’un budget de 20 millions de dollars, le projet se déploit dans les départements de Kirehe, Buesera, Nyanza, Nyamagabe, et de Ngororero et implique deux ONG (Heifer International Project et Send a Cow Ruanda ) et une agence gouvernementale, l’Agence Rwandaise de Développement des Ressources Animales.

 

Interview du Andre Nsengiyumva ,Directeur de "Send a Cow" pour le Rwanda et le Burundi. Plus d'infos: http://www.sendacow.org/burundi and http://www.sendacow.org/rwanda

Depuis 2006, ce programme a favorisé l’amélioration des pratiques agricoles, en insistant sur l’élevage pour l’alimentation - le lait et la viande - et le fumier. Avec pour objectif de soutenir l’agriculture biologique dans les jardins potagers et les petites parcelles. " Avec les systèmes d’élevage intégré, les besoins primaires en légumes et en lait peuvent être satisfaits sur les petites exploitations agricoles et les excédents vendus sur le marché local", détaille l’Oakland Institute.

Utiliser des fertilisants naturels

Concrètement, le projet fait don d’une vache en gestation ou de trois chèvres à un paysan formé à la production du compost, au maraîchage biologique et à la culture d’espèces de légumineuses fourragères. Il devra partager la première progéniture femelle avec un autre agriculteur. Sur certains territoires, le programme privilégie le renforcement du pouvoir des jeunes et des Rwandais sans terre.

traite des vaches. © eadairy

En 2007 et 2008, plus de 2700 paysans se sont impliqués dans le programme. Ils ont cultivé de petits jardins potagers où de grandes quantités de légumes ont été produites en utilisant la fumure animale. Ce qui a permis, pour certaines coopératives, de faire progresser leurs revenus de plus de 40%.
Autre bonne nouvelle, l’agroforesterie, qui améliore la fertilité des sols et fournit du fourrage pour le bétail, a produit des résultats supérieurs à ceux attendus. Dès 2008, près de 10 000 hectares de terres dégradées ont été réhabilitées, 15 fois plus que prévu dans le plan d’origine du programme

Recul de la malnutrition

Du côté de l’élevage, les résultats sont tout aussi encourageants : 75% des paysans déclarent des rendements en lait allant de 1 à 10 litres par jour, 25% ont obtenu des rendements de plus de dix litres, avec des vaches produisant jusqu’à 24 litres par jour. Cette hausse de la production permet de faire reculer significativement la malnutrition. En effet une tasse (244 g) de lait de vache par jour peut approximativement couvrir 10% des besoins quotidiens d’un adulte en calories, et respectivement 20 et 25% des besoins en protéines et en matières grasses.

Autre retombée positive: le programme a considérablement renforcé les liens sociaux. Le nombreux paysans se sont regroupés en associations d’épargne-crédit qui accordent des micro-prêts et organisent des pools de financement pour louer, ou acheter en coopérative, un espace pour ouvrir des commerces en ville.

Pour en savoir plus sur les programmes d'élevage et d'agroécologie au Rwanda, consultez l'étude de cas de l'AFSA: " Intégration de l'élevage, agroforesterie, maraîchage biologique, coopérative et vulgarisation agricoles au Ruanda"

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